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Comment reconnaître une infection fongique autour de la stomie péristomiale ?

10/07/2026
Comment reconnaître une infection fongique autour de la stomie péristomiale ?
Infection fongique ou irritation ? Les 3 signes pour reconnaître une mycose péristomiale sans se tromper

Selon une enquête menée par Hollister auprès de patients stomisés, 87 % des porteurs de stomie rapportent des démangeaisons péristomiales, mais la plupart n'en parlent jamais spontanément à leur soignant. La zone péristomiale, continuellement couverte par l'appareillage, humide et fragilisée, constitue un terrain idéal pour la prolifération de Candida albicans, la levure responsable de la majorité des mycoses cutanées. Le problème, c'est que l'infection fongique de la stomie péristomiale est très souvent confondue avec une simple irritation mécanique ou une allergie, ce qui retarde la mise en place d'un traitement adapté. Comment alors distinguer une candidose péristomiale des autres lésions cutanées autour de la stomie ? Cristiean Popescu, infirmier conventionné INAMI à Wavre, accompagne quotidiennement des patients stomisés à domicile et constate régulièrement combien une identification précoce de ces lésions change le pronostic.

Ce qu'il faut retenir
  • La candidose péristomiale se reconnaît par la combinaison de trois signes : un érythème rouge vif à bords « émiettés », des pustules satellites en périphérie et une sensation de cuisson intense — l'absence de pustules satellites exclut l'origine fongique.
  • Le traitement repose sur une poudre antifongique (miconazole ou éconazole) — jamais de crème sous l'appareillage, car elle empêche l'adhérence de la plaque et aggrave la macération.
  • Un prélèvement mycologique (écouvillon e-Swab en bordure de lésion) est nécessaire en cas de résistance au traitement, mais uniquement après une fenêtre thérapeutique d'au moins 15 jours sans antifongique local.
  • Quatre critères justifient un recours au fluconazole oral sur prescription médicale : au moins 4 épisodes par an, plusieurs zones touchées simultanément, résistance aux antifongiques locaux bien conduits, ou terrain à risque (immunodépression, diabète mal contrôlé).

Les signes cliniques caractéristiques d'une infection fongique péristomiale

Un érythème à bords « émiettés » et des pustules satellites

L'infection fongique de la stomie péristomiale se manifeste par un ensemble de signes visuels et sensitifs qu'il est essentiel de connaître pour réagir rapidement. Le premier signe est un érythème rouge vif, suintant, avec des bords irréguliers dits « émiettés », comme si la peau avait été grignotée sur les pourtours. Cet érythème débute sous l'appareillage et peut s'étendre progressivement à l'ensemble de la surface couverte par la plaque.

Le prurit est intense, bien plus marqué qu'une simple gêne mécanique, et s'accompagne d'une sensation de brûlure ou de cuisson très caractéristique. Mais le signe le plus discriminant reste la présence de pustules ou papules satellites : ce sont de petites lésions roses, isolées, dispersées en périphérie de la plaque rouge principale. Ces lésions satellites constituent le signe pathognomonique de la candidose cutanée — autrement dit, leur présence signe formellement l'origine fongique de l'infection.

Comment évolue la lésion sous traitement ?

On peut également observer un enduit blanchâtre au fond des plis ou directement sur la lésion. Un détail important pour l'aidant ou le patient qui examine la zone : contrairement à une irritation causée par une fuite, la candidose péristomiale s'étend sous l'ensemble de la surface couverte par l'appareillage, et non uniquement là où les effluents ont coulé. Sous traitement antifongique bien conduit, la peau péristomiale infectée — d'abord rouge vif avec des bords irréguliers — pâlit progressivement et les pustules satellites disparaissent à mesure que l'infection recule. L'absence de cette évolution favorable après quelques jours de traitement correctement appliqué doit alerter le patient ou l'aidant et motiver un contact rapide avec l'infirmier.

Au-delà de Candida albicans (impliquée dans environ 50 % des cas), d'autres espèces de Candida peuvent être responsables d'une candidose péristomiale : C. tropicalis, C. parapsilosis ou encore C. glabrata. Ces levures, normalement commensales des muqueuses digestives, deviennent pathogènes en présence des mêmes facteurs favorisants. Leur identification précise par culture mycologique est particulièrement utile en cas de résistance aux antifongiques azolés classiques.

À noter : si c'est la première fois que vous observez des symptômes évocateurs d'une candidose autour de votre stomie et que vous n'en avez pas la certitude, consultez votre infirmier ou votre médecin avant toute initiative. L'automédication — notamment l'application d'une crème antifongique au lieu d'une poudre — compromet l'adhérence de l'appareillage, aggrave la macération et peut masquer le diagnostic.

Infection fongique, irritation mécanique ou allergie : comment les distinguer ?

Dermatite irritative et dermatite allergique

La confusion entre ces trois types de lésions est fréquente, y compris chez certains professionnels de santé. Pourtant, leurs caractéristiques cliniques diffèrent nettement. La dermatite irritative de contact (irritation mécanique) est provoquée par le contact des selles ou de l'urine avec la peau lors d'une fuite. La lésion est localisée exactement sur le trajet des fuites, elle est érythémateuse mais ne présente jamais de pustules satellites. Elle guérit en quelques jours dès que les fuites sont corrigées.

La dermatite allergique, quant à elle, se manifeste par des lésions vésiculeuses, très prurigineuses, liées à un allergène présent dans un produit de soin ou un composant de l'appareillage. Elle disparaît dès que l'allergène est supprimé, et elle aussi est dépourvue de pustules périphériques.

Le piège de l'érythrasma et des diagnostics différentiels

La mycose péristomiale, en revanche, résiste aux seuls soins de protection cutanée. Elle se reconnaît par la combinaison de trois critères : pustules satellites, bord émietté et sensation de cuisson. Si plusieurs traitements d'irritation ont été essayés sans amélioration, il faut systématiquement envisager la piste fongique. En cas de résistance aux antifongiques, le psoriasis inversé (plaques lisses, brillantes, sans pustules) ou l'érythrasma doivent être évoqués comme diagnostics différentiels. L'érythrasma, précisément, est une infection causée par une bactérie (Corynebacterium minutissimum) et non par un champignon, mais elle répond partiellement aux antifongiques azolés — ce qui peut créer une confusion lors de l'évaluation de l'efficacité du traitement. En pratique, si la lésion s'améliore partiellement sous azolés sans disparaître complètement, un prélèvement mycologique permet de trancher entre candidose et érythrasma.

Pour éviter ces complications liées aux lésions péristomiales, un suivi infirmier régulier est essentiel. Cristiean Popescu propose un accompagnement dédié à la gestion des stomies à Wavre, incluant la surveillance cutanée et l'adaptation de l'appareillage.

À noter : lorsque la candidose péristomiale résiste à un traitement antifongique bien conduit, ou en cas de présentation clinique atypique, un prélèvement mycologique de confirmation doit être réalisé. La technique de référence pour les lésions suintantes (cas fréquent en zone péristomiale) est le frottis avec un écouvillon à milieu de transport e-Swab, prélevé en bordure de lésion active. Contrainte impérative : ce prélèvement doit être effectué après une fenêtre thérapeutique de minimum 15 jours après l'arrêt de tout antifongique local. Sans ce délai, le résultat peut être faussement négatif et induire une mauvaise orientation thérapeutique.

Qui est particulièrement à risque d'infection fongique péristomiale ?

Certains facteurs augmentent considérablement le risque de candidose autour de la stomie. En connaître la liste permet au patient ou à l'aidant d'adapter la surveillance et d'alerter plus vite le professionnel de santé.

  • Antibiothérapie récente : les antibiotiques à large spectre détruisent la flore bactérienne protectrice et permettent à Candida de proliférer. Tout traitement antibiotique en cours doit être signalé à son infirmier.
  • Diabète : l'hyperglycémie persistante favorise la prolifération fongique et affaiblit l'immunité locale. La Revue du Praticien précise que les intertrigos à Candida sont plus fréquents chez les personnes diabétiques.
  • Immunodépression (chimiothérapie, corticothérapie, VIH, immunosuppresseurs) : la baisse des défenses permet à Candida de basculer vers sa forme pathogène.
  • Macération prolongée sous l'appareillage : un appareillage mal ajusté ou une fuite non corrigée maintient la peau dans un état d'humidité propice à l'infection.
  • Changements de poche trop fréquents (microtraumatismes de la couche cornée) ou trop rares (macération).
  • Environnements chauds et humides : bains fréquents, sauna, transpiration excessive lors d'un exercice physique ou en période de chaleur.
  • Obésité : favorise la macération dans les plis cutanés adjacents à la zone péristomiale.

Exemple concret : Maryse Declercq, 68 ans, porte une colostomie depuis deux ans et est suivie pour un diabète de type 2. Au mois de juin, après une cure d'amoxicilline pour une bronchite, elle signale à son infirmier un prurit intense sous la plaque avec une rougeur qui ne cède pas malgré un changement de poche. À l'examen, Cristiean identifie un érythème rouge vif bordé de pustules satellites, caractéristique d'une candidose péristomiale. Le cumul de trois facteurs — diabète, antibiothérapie récente et chaleur estivale — explique parfaitement cette poussée. Le traitement par poudre de miconazole, combiné à un ajustement de l'appareillage, a permis une résolution complète en dix jours, avec un renforcement de la surveillance glycémique en parallèle.

Prise en charge infirmière : traitement et adaptation de l'appareillage

Poudre antifongique : la forme galénique indispensable

Face à une infection fongique de la stomie péristomiale confirmée, le traitement repose sur l'application d'une poudre antifongique — et non d'une crème. Ce point est fondamental : la crème antifongique appliquée sous le champ protecteur empêche ce dernier d'adhérer à la peau, crée des fuites et aggrave paradoxalement la macération qui nourrit la candidose. En Belgique, le miconazole en poudre (Daktarin® poudre) est une référence facilement disponible en pharmacie. L'éconazole en poudre constitue une alternative lorsque le miconazole n'est pas disponible ou n'est pas toléré — la règle galénique reste identique : forme poudre uniquement pour les zones macérées et suintantes, jamais de crème sous l'appareillage.

La technique est précise. Après application, il faut brosser soigneusement l'excédent de poudre avant de poser le nouvel appareillage. La poudre doit être cessée dès que la peau est sèche et l'éruption résolue, pour ne pas créer un nouveau déséquilibre.

Quand passer au traitement oral ?

En cas de récidives fréquentes, un traitement oral systémique au fluconazole (Diflucan®) peut être envisagé sur prescription médicale. Quatre critères, réunis ou isolés, justifient ce recours : au moins quatre épisodes par an, plusieurs zones simultanément touchées par la candidose, une résistance aux antifongiques locaux après un traitement bien conduit (durée suffisante et forme galénique correcte), ou un terrain à risque (immunodépression ou diabète mal contrôlé). Il est important de savoir que le fluconazole oral présente de nombreuses interactions médicamenteuses (notamment avec les anticoagulants et les immunosuppresseurs) et est formellement contre-indiqué pendant la grossesse pour un traitement par voie générale. Avant toute prescription, le médecin doit impérativement vérifier les traitements en cours du patient stomisé — une information que les aidants doivent penser à transmettre au professionnel de santé.

Mais traiter l'infection sans corriger sa cause locale serait vain. Il est impératif de vérifier l'ajustement de l'appareillage : une marge de 2 à 3 mm entre la stomie et le bord du support doit être respectée. Tout appareillage mal ajusté provoque des fuites et entretient l'infection. Et rappelons-le : aucune irritation péristomiale n'est normale. Dès l'apparition d'une lésion inhabituelle, contacter son infirmier sans attendre constitue le premier réflexe à adopter.

Conseil : chez les patients à risque élevé de récidive (diabète mal contrôlé, immunodépression, antécédents d'au moins quatre épisodes par an), un traitement antifongique prophylactique mensuel peut être envisagé en complément de la surveillance clinique régulière et de l'éducation thérapeutique. Cette démarche préventive doit faire l'objet d'une prescription médicale après avis du médecin traitant. Parlez-en lors de votre prochaine consultation.

Prévenir les récidives d'infection fongique péristomiale au quotidien

Hygiène et rythme de changement de l'appareillage

La prévention commence par une hygiène rigoureuse de la zone péristomiale. Le nettoyage se fait à l'eau tiède et au savon doux, sans lotion, sans crème et sans lingettes pour bébés, car ces produits laissent un film résiduel qui nuit à l'adhérence de l'appareillage et favorise les fuites. Le séchage doit être effectué par tamponnement avec des compresses sèches, jamais par friction, et la peau doit être parfaitement sèche avant toute pose d'un nouvel appareillage.

Un conseil simple mais souvent négligé : changer l'appareillage avant qu'une fuite ne survienne. Si une fuite apparaît systématiquement au sixième jour, le changement doit être programmé au cinquième jour au plus tard. Plus le temps de contact des effluents avec la peau est long, plus le terrain devient favorable à une candidose surajoutée.

Adapter la prévention au terrain de chaque patient

Chez le patient diabétique, le maintien d'un équilibre glycémique strict est un facteur de prévention direct des candidoses cutanées récidivantes. Chez le patient sous antibiotiques, la surveillance péristomiale doit être renforcée à chaque changement de poche, et les premiers signes — prurit, rougeur sous l'appareillage — signalés sans délai à l'infirmier. En cas de transpiration excessive (chaleur estivale, activité physique), le patient porteur de stomie doit anticiper un changement de l'appareillage ou vérifier son intégrité afin d'éviter une accumulation d'humidité sous la plaque. Si l'appareillage se décolle systématiquement sous l'effet de la sueur lors d'un effort, une consultation avec l'infirmier pour adapter le type de plaque (système convexe, ceinture de maintien ou plaque à adhésif renforcé) est recommandée.

Certains signaux d'alerte imposent une consultation rapide : absence d'amélioration après un traitement local bien conduit, récidives fréquentes, fièvre ou douleurs inhabituelles, extension rapide de la lésion, terrain immunodéprimé ou diabétique décompensé, ou encore première apparition de symptômes sans diagnostic confirmé. Dans ce dernier cas, la consultation est indispensable avant tout traitement, y compris avant toute automédication en pharmacie. Appliquer un produit inadapté avant confirmation compromet l'adhérence de l'appareillage et aggrave la situation. Dans toutes ces situations, aucune place ne doit être laissée à l'attente.

Un accompagnement infirmier spécialisé à Wavre pour vos soins de stomie

En Belgique, l'infirmier a l'obligation réglementaire (INAMI) de détecter, documenter et notifier au médecin toute complication cutanée péristomiale. C'est précisément cette mission que Cristiean et Corina Popescu, fondateurs de Cris Corimed, remplissent chaque jour auprès de leurs patients à Wavre, Limal, Bierges et Ottignies. Spécialisés dans les soins de stomies, les pansements complexes et le suivi post-opératoire à domicile, ils offrent un accompagnement fondé sur l'écoute, la réactivité et une relation de confiance personnalisée.

Si vous êtes porteur d'une stomie dans la région de Wavre et que vous constatez une lésion inhabituelle autour de votre appareillage, n'hésitez pas à solliciter Cris Corimed. Une prise en charge rapide et adaptée fait toute la différence entre une complication passagère et une récidive chronique. Leur disponibilité étendue, y compris les week-ends, garantit un suivi continu et rassurant, dans le confort de votre domicile.