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Stomie qui saigne : quand faut-il appeler son infirmier en urgence ?

04/07/2026
Stomie qui saigne : quand faut-il appeler son infirmier en urgence ?
Saignement de stomie : bénin ou urgence ? Découvrez les signaux d'alerte, les bons gestes et quand contacter votre infirmier sans délai

Découvrir du sang sur sa stomie provoque souvent une vague d'inquiétude immédiate, que l'on soit patient ou aidant familial. Pourtant, tous les saignements ne se valent pas : certains sont parfaitement bénins et attendus, tandis que d'autres constituent de véritables signaux d'alarme. La stomie, constituée de muqueuse intestinale abouchée à la peau, est insensible mais très richement vascularisée, ce qui explique pourquoi le moindre frottement peut la faire saigner sans que cela soit pathologique. À Wavre, Cristiean Popescu et son équipe Cris Corimed accompagnent quotidiennement des patients stomisés à domicile et savent combien il est essentiel de disposer de critères clairs pour évaluer chaque situation. Cet article vous aide à faire la différence entre un saignement anodin et une stomie qui saigne en urgence, afin de réagir de manière adaptée.

Ce qu'il faut retenir
  • Un saignement léger de la muqueuse stomiale au nettoyage est fréquent et bénin — il s'arrête en quelques minutes avec une compresse d'eau froide. En revanche, un saignement localisé sur la peau péristomiale (et non sur la muqueuse) constitue un signal d'alerte distinct nécessitant un contact immédiat avec l'infirmier.
  • Un saignement qui ne cède pas après 5 à 10 minutes de compression douce, un saignement abondant ou pulsatile, ou encore du sang provenant de l'intérieur de la stomie (dans les selles ou les urines) imposent un appel urgent à l'infirmier ou au chirurgien.
  • Jusqu'à 75 % des personnes stomisées présentent des problèmes cutanés péristomiaux (irritation, douleur, démangeaison), dont la cause principale est un protecteur cutané mal ajusté — une plaque correctement découpée (marge de 2 à 3 mm autour de la stomie) réduit considérablement le risque de saignement.
  • Durant les 48 premières heures post-opératoires, le pansement de stomie ne doit jamais être modifié sans indication médicale expresse : tout saignement constaté dans cette fenêtre doit être signalé directement au chirurgien.

Saignements bénins : ce qui est normal après une stomie

La fragilité naturelle de la muqueuse stomiale

Un saignement léger lors du changement de poche ou du nettoyage est fréquent et ne doit pas vous alarmer. Il est directement lié à la fragilité mécanique de la muqueuse, qui réagit au moindre contact. Un simple passage de compresse un peu appuyé, un frottement involontaire lors du retrait de la plaque adhésive : ces gestes suffisent à provoquer quelques gouttes de sang. Ce type de saignement est qualifié de mineur, temporaire et non inquiétant par les spécialistes en stomathérapie. Il est important de ne pas le confondre avec un saignement de la peau péristomiale, qui constitue un signal d'alerte différent (voir plus bas).

Le mucus légèrement teinté de sang que vous pouvez observer autour de la stomie a généralement une origine mécanique tout aussi banale. De même, en post-opératoire, la stomie peut légèrement saigner au contact : c'est un phénomène attendu selon les recommandations des Hôpitaux Universitaires de Genève, à condition que ce saignement reste léger et s'arrête spontanément. Attention toutefois : durant les 48 premières heures post-opératoires, le pansement de stomie ne doit pas être modifié, sauf indication médicale expresse — selon Walter Learning. Tout saignement constaté dans cette fenêtre doit être signalé immédiatement au chirurgien, et non géré par le patient lui-même.

Les granulomes péristomiaux : fréquents et faciles à traiter

Il existe également un phénomène courant appelé granulome péristomial. Il s'agit de petits nodules rougeâtres et en relief qui apparaissent à la zone de transition entre la peau et la muqueuse, souvent causés par une hypercicatrisation ou des fils de suture laissés trop longtemps en place. Ces granulomes saignent facilement au moindre contact. Bien qu'inoffensifs en eux-mêmes, leur présence doit être signalée à votre infirmier pour un traitement adapté, par exemple au nitrate d'argent. Selon Morani Medical et Walter Learning, le traitement des granulomes peut également recourir au laser ou à la chirurgie, selon leur taille et leur résistance au traitement local — le choix de la méthode dépend de l'évaluation de l'infirmier stomathérapeute ou du chirurgien référent.

Dans tous ces cas, le premier geste à adopter est simple : exercez une légère pression à l'aide d'une compresse imbibée d'eau froide directement sur la stomie, puis poursuivez votre soin normalement une fois le saignement arrêté.

Conseil : Réalisez le soin de stomie de préférence le matin à jeun, loin des repas. La stomie est moins active à ce moment, ce qui réduit le risque de contact avec les effluents pendant le changement et limite le risque de saignement lié à un transit actif. À l'inverse, évitez de réaliser le soin juste après un repas, période où l'activité intestinale est maximale et où le risque de fuite pendant la manipulation est nettement plus élevé.

Stomie qui saigne en urgence : les signaux d'alerte à ne jamais ignorer

Durée, abondance, origine : les trois critères de gravité

Certains saignements dépassent le cadre du bénin et nécessitent un contact immédiat avec votre infirmier ou votre médecin. Le premier critère est la durée : un saignement qui ne s'arrête pas après cinq à dix minutes de compression douce ne doit jamais être géré seul à domicile. De même, un saignement abondant — au point de remplir la poche de sang — ou un saignement pulsatile, qui suggère une origine artérielle, exige une intervention professionnelle sans délai.

Il est fondamental de distinguer le saignement de la surface de la stomie, généralement bénin, du sang provenant de l'intérieur de la stomie. Cette rectorragie — du sang présent dans les selles ou les urines — constitue toujours un signe alarmant. Elle peut indiquer une récidive de la maladie initiale ou une complication digestive grave. Dans ce cas, la consultation auprès du médecin traitant ou du chirurgien est impérative et urgente.

Un saignement péristomial n'est jamais anodin

Un point capital est souvent méconnu des patients : un saignement localisé sur la peau péristomiale (et non sur la muqueuse du stomate elle-même) constitue un signal d'alerte distinct, nécessitant un contact sans délai avec l'infirmier de référence — selon Coloplast. Ce signal est fondamentalement différent du léger suintement de la muqueuse lors d'un frottement : il ne doit jamais être banalisé ni traité seul à domicile. Selon une étude citée par Hollister, jusqu'à 75 % des personnes portant une poche de stomie présentent des problèmes cutanés péristomiaux (douleur, démangeaison, irritation), pouvant s'accompagner de saignements si la peau est irritée depuis un certain temps. La cause principale identifiée est un protecteur cutané mal ajusté, favorisant les fuites d'effluents sous la plaque. La gestion des stomies par un infirmier spécialisé à Wavre permet justement de prévenir ces complications cutanées par un ajustement précis et régulier de l'appareillage.

Changement de couleur de la stomie : une urgence chirurgicale possible

Un autre signal d'alerte majeur concerne le changement de couleur de la stomie. Normalement rouge vif et humide, une stomie qui vire au violet, au brun ou au noir traduit un problème d'ischémie ou de nécrose, c'est-à-dire un défaut de vascularisation des tissus. Il s'agit alors d'une urgence chirurgicale : vous devez contacter le chirurgien sans attendre. En cas de doute sur une nécrose stomiale, un professionnel de santé peut vérifier la vitalité du tissu en piquant la muqueuse avec une aiguille — geste totalement indolore : si la stomie saigne encore au contact, c'est un signe de vitalité tissulaire (sources : Infirmiers.com, Walter Learning). Ce geste diagnostique est strictement réservé à l'infirmier ou au médecin et ne doit jamais être tenté par le patient ou l'aidant sans formation.

Au-delà du saignement lui-même, certains symptômes associés doivent immédiatement vous alerter :

  • Fièvre accompagnant le saignement
  • Douleurs abdominales inhabituelles
  • Tachycardie, pâleur ou sueurs — premiers signes d'une défaillance hémodynamique débutante
  • Taches rouges ou violettes avec sécrétions blanchâtres autour de la stomie, pouvant indiquer une infection fongique péristomiale

Un cas particulier mérite toute votre attention : si vous êtes sous traitement anticoagulant (warfarine, rivaroxaban, dabigatran…), un saignement même minime peut s'aggraver rapidement en raison d'un possible surdosage. Signalez systématiquement ce traitement à votre infirmier avant tout soin, et ne modifiez jamais vous-même votre posologie sans avis médical.

Exemple concret : Madeleine Verbeke, 68 ans, colostomisée depuis trois mois et sous anticoagulant (rivaroxaban), a constaté un soir un suintement sanguin persistant à la jonction entre la plaque et la peau. Pensant qu'il s'agissait d'un simple frottement, elle a temporisé toute la nuit. Au matin, la peau péristomiale présentait une irritation étendue avec des micro-lésions suintantes. L'infirmier, appelé en urgence, a identifié un défaut d'adhérence de la plaque combiné à l'effet anticoagulant, corrigé l'appareillage et alerté le médecin traitant pour un contrôle de l'INR. Une intervention plus précoce aurait évité 12 heures d'exposition aux effluents et limité l'étendue des lésions cutanées.

Que faire en attendant l'intervention de votre infirmier ?

Le bon geste : compression douce à l'eau froide

Face à un saignement qui vous préoccupe, quelques gestes simples peuvent faire la différence en attendant l'arrivée du professionnel. Appliquez une compresse humide d'eau froide sur la stomie et exercez une pression douce : c'est le geste de premier recours, efficace dans la grande majorité des situations.

En revanche, certaines erreurs courantes sont à proscrire absolument. Ne tentez jamais de « colmater » un saignement en ajoutant du sparadrap ou des compresses par-dessus la plaque en place. Cette pratique, bien que tentante, aggrave la situation en retardant l'identification de la cause et en maintenant les effluents corrosifs au contact de la peau, pouvant provoquer des brûlures chimiques en quelques heures seulement. La bonne conduite est de refaire le soin complet, même si cela demande du temps.

Produits et gestes à bannir pour ne pas aggraver la situation

Autre réflexe à bannir : l'utilisation de produits antiseptiques agressifs comme l'alcool, l'éosine, le Dakin ou l'eau de Cologne. Ces substances fragilisent la muqueuse et la peau péristomiale, ce qui peut paradoxalement aggraver le saignement. Nettoyez toujours la stomie uniquement à l'eau tiède et au savon doux, avec des compresses non stériles, puis séchez soigneusement. De même, ne rasez jamais les poils autour de la stomie avec un rasoir classique ou une crème dépilatoire : ces méthodes irritent la peau péristomiale, augmentent le risque de lésions et de saignements cutanés, et réduisent l'adhérence de la plaque — favorisant les fuites et les irritations secondaires. Utilisez uniquement des ciseaux ou une tondeuse pour couper les poils (sources : Coloplast, protocole HAD Vendée).

Pour surveiller l'évolution sans découvrir la stomie à chaque fois, privilégiez l'utilisation d'une poche transparente ou à hublot. Cette astuce pratique, recommandée par les professionnels, vous permet d'observer la couleur et l'état de la stomie en continu. Et retenez cette règle d'or : si le doute persiste, même pour un saignement qui semble bénin, prévenez toujours votre infirmier. Mieux vaut un appel que vous jugez inutile qu'une complication détectée trop tard.

À noter : Ne rasez jamais les poils autour de la stomie avec un rasoir classique ou une crème dépilatoire. Ces méthodes créent des micro-lésions invisibles qui fragilisent la peau, augmentent le risque de saignement cutané et réduisent l'adhérence de la plaque. Utilisez exclusivement des ciseaux ou une tondeuse électrique pour couper les poils à ras, sans contact direct avec la peau.

Le rôle central de votre infirmier à domicile face à un saignement de stomie

Une évaluation clinique complète à chaque visite

L'infirmier à domicile est votre premier interlocuteur en cas de saignement péristomial. Formé à la surveillance clinique des stomies, il est en mesure de distinguer rapidement un saignement bénin d'un signal d'alerte sérieux. À chaque visite, il évalue la couleur, l'aspect et la vascularisation de la stomie, l'état de la peau péristomiale, l'efficacité de l'appareillage et les facteurs aggravants potentiels. Comme le souligne Danièle Chaumier, présidente de l'AFET : « Toutes ces complications ont toujours une étiologie — un appareillage inadapté, des soins locaux mal réalisés ou encore une stomie mal placée. »

En Belgique, les soins de stomie relèvent du rôle propre infirmier et ne peuvent être délégués dans les situations complexes ou en présence de saignements. Selon les référentiels professionnels (CPIAS, Code de la santé), les soins de stomie ne peuvent être délégués à un aide-soignant que si la stomie est cicatrisée — en présence d'un saignement ou de toute situation complexe, c'est toujours l'infirmier qui prend la décision clinique, sans exception possible. Les prestations sont encadrées par une nomenclature spécifique de l'INAMI, garantissant leur remboursement. Cela signifie que les patients stomisés à Wavre et dans ses environs peuvent bénéficier d'un suivi infirmier à domicile remboursé pour la gestion des complications.

L'ajustement de la plaque : un geste technique déterminant

L'infirmier vérifie systématiquement des éléments techniques déterminants : la découpe de la plaque adhésive doit respecter une marge de 2 à 3 mm autour de la stomie — trop serrée, elle blesse la muqueuse ; trop large, elle expose la peau aux effluents corrosifs. Il faut savoir que la stomie évolue morphologiquement durant les 6 à 8 premières semaines suivant l'opération (selon Hollister et Réussir ton IFSI), puis peut continuer d'évoluer à chaque changement de poids significatif. Elle doit donc être remesurée régulièrement, y compris bien après la phase post-opératoire. Une plaque mal adaptée est la première cause évitable de traumatisme mécanique et de saignement.

L'infirmier évalue également le type de stomie, car une iléostomie, dont les effluents liquides et agressifs atteignent 1 000 à 1 500 ml par jour, présente un risque de saignement par ulcération nettement supérieur à celui d'une colostomie. La corrosivité des effluents iléaux étant nettement plus élevée, la fréquence des changements de poche et la surveillance des ulcérations muqueuses et cutanées doivent être plus rigoureuses pour les iléostomies que pour les colostomies (sources : CPIAS, Réussir ton IFSI, Allo Docteurs).

Exemple concret : Thierry Lenaerts, 57 ans, porteur d'une iléostomie depuis six semaines, avait pris l'habitude de découper sa plaque avec le même gabarit depuis la sortie de l'hôpital. Lors d'une visite de routine, l'infirmier a constaté que la stomie avait réduit de diamètre (phénomène physiologique dans les 6 à 8 semaines post-opératoires) et que la plaque, désormais trop large de 5 mm, laissait fuir les effluents iléaux sous le protecteur cutané. Résultat : une dermite d'irritation étendue avec micro-saignements péristomiaux. La simple réadaptation de la découpe — ramenée à 2 mm de marge — a suffi à stopper l'irritation en quelques jours.

Hémostase et coordination avec le chirurgien

En cas d'hémorragie persistante, l'infirmier réalise une hémostase locale par alginates de calcium — des pansements hémostatiques spécifiques — et contacte immédiatement le chirurgien référent. Il n'agit jamais seul face à une situation grave : la coordination entre l'infirmier et le chirurgien est indispensable pour décider de la suite de la prise en charge, y compris une éventuelle reprise chirurgicale.

Au-delà du geste technique, chaque passage de l'infirmier intègre une dimension d'éducation thérapeutique. L'objectif est de vous rendre autonome dans la reconnaissance des signes d'alerte, afin que vous sachiez précisément quand et comment appeler. Cette continuité éducative est fondamentale pour prévenir les saignements évitables et détecter précocement les situations à risque.

À noter : Si votre stomie a été posée récemment, n'oubliez pas que sa taille évolue significativement durant les 6 à 8 premières semaines. Demandez à votre infirmier de remesurer votre stomie à chaque visite pendant cette période, puis à chaque changement de poids notable par la suite. Un gabarit de découpe qui n'est plus ajusté est la première cause évitable de saignement mécanique et d'irritation péristomiale.

Cris Corimed à Wavre : un accompagnement réactif pour les patients stomisés

Une évaluation rapide à domicile peut vous éviter un passage inutile aux urgences tout en prévenant une complication grave. C'est précisément cette philosophie qui guide Cris Corimed au quotidien. Fondée à Wavre par Corina et Cristiean Popescu, deux infirmiers diplômés d'État conventionnés INAMI, cette structure de soins à domicile assure un suivi personnalisé des patients stomisés dans un périmètre volontairement restreint — Wavre, Limal, Bierges, Ottignies — garantissant une grande réactivité, y compris les week-ends et en situation d'urgence.

Spécialisés notamment dans les soins de stomies, les pansements complexes et le suivi post-opératoire, Corina et Cristiean privilégient des interventions fondées sur l'écoute, la confiance et le temps accordé à chaque patient. Si vous êtes stomisé ou si vous accompagnez un proche dans cette situation, n'hésitez pas à contacter Cris Corimed dès le moindre doute : leur expertise clinique et leur disponibilité vous offriront la sérénité nécessaire pour vivre sereinement votre quotidien à domicile.